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EPR: risque d'accident nucléaire ?

Le réacteur de troisième génération EPR construit sur la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) est montré du doigt. Selon le réseau Sortir du Nucléaire, le réacteur de troisième génération EPR, représenterait un risque accrue d’accident de type Tchernobyl. « C'est jouer à l'apprenti sorcier, c'est choquant, irresponsable, scandaleux » a déclaré Charlotte Mijeon, porte-parole de Sortir du nucléaire, à propos des documents confidentiels obtenus par une source anonyme interne à EDF, publiés par le réseau.

« Le problème semble provenir du système de pilotage, qui doit permettre de moduler la puissance de réacteur pour s'ajuster à la demande d'électricité. Ce système est prévu pour accroître la rentabilité. Le souci, c'est que le nucléaire n'est pas du tout fait pour les variations d'intensité, et que cela peut provoquer une perte de contrôle, un emballement et un accident type Tchernobyl. C'est une vraie bombe, c'est très explosif », poursuit la porte-parole.

Le réseau Sortir du nucléaire a publié ce samedi les huit documents, communiqués anonymement par une source interne à EDF, sur son site internet. Datés de 2004 à 2009, ils ont été examinés par un comité d’experts. "Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur" indiquent les militants.

Une étude de l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) estime en 2003 que le système EPR pourrait occasionner de puissantes explosions de vapeur, à même d'aboutir à la rupture de l'enceinte de confinement.

L’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) avait identifié un risque possible dans une première analyse en 2000, et, en 2005, le problème a été identifié et résolu selon le Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

La construction du premier EPR à Flamanville a commencé en 2007 sur un site qui compte déjà deux autres réacteurs. Sortir du nucléaire accuse EDF, futur exploitant, de prendre des risques pour des raisons de calcul économique. Le chantier a été suspendu partiellement par l'Autorité de Sûreté nucléaire française de mi mai à mi juin 2008. Les surcoûts pour ce réacteur sont évalués à 20%.

Pour sa part, le groupe français (EDF) assure que ces documents font partie d’un processus normal d’analyse des risques. Selon son porte-parole, aucune conclusion ne peut être tirée pour le moment. Fin 2010, un dossier sera adressé à l’Autorité de sûreté nucléaire. Elle seule décidera de la mise en service, ou non, du site.

Ces révélations interviennent alors que doit se tenir lundi et mardi une conférence internationale sur la technologie nucléaire à Paris. Un débat public est prévu le 24 mars sur le projet de deuxième réacteur EPR à Penly (Seine-Maritime).

Auteur : Jean-Charles BATENBAUM

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