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Tchernobyl: l´ampleur réelle de l´accident

L´UNSCEAR, porte-parole à l´ONU et l´AIEA prétendaient que les retombées radioactives de Tchernobyl étaient responsables de 30 décès. Au congrès co-organisé par l´OMS à Kiev, en 2001, le Dr. Gentner de l´UNSCEAR concluait son exposé, retenant 30 morts dus aux rayonnements et ajoutait ajoutait: « Comme l´a dit le Dr. Gonzales (Conférencier de l´AIEA qui l´avait précédé), la grande majorité de la population n´a aucune raison de craindre des atteintes graves à la santé suite à l´accident de Tchernobyl. » En 2005 le rapport répète: « nous n´avons constaté aucune incidence négative grave sur la santé du reste de la population... ». Il devient méprisant, lorsqu´il ajoute que l´impact de Tchernobyl sur la santé mentale est « le plus grand problème de santé publique que l´accident de Tchernobyl ait provoqué ».

Les organes des sens et le cerveau sont sensibles aux rayonnements, en particulier ceux émis par des particules de plutonium incorporés. Chez les liquidateurs, l´acuité visuelle baisse avant que des anomalies soient cliniquement. Il y a troubles de l´accommodation, perte de transparence du cristallin, qu´on observe aussi chez les enfants avec une charge chronique de radiocésium dans l´organisme. Ces altérations conduisent à la cataracte. Si la cataracte des jeunes liquidateurs irradiés est opérable, les atteintes du fond d´oeil qui surviennent chez eux conduisent à la cécité. L´oreille interne est aussi touchée: aux troubles de l´audition s´ajoutent des troubles de l´équilibre, vertiges, nystagmus, nauseas et chutes. Ces symptômes constituent un handicap professionnel et peuvent avoir un impact sur le moral.

Les neuropsychiatres russes, ukrainiens et canadiens ont montré que l´atteinte du système nerveux des liquidateurs irradiés est localisée dans l´hémisphère gauche (chez les droitiers) et décelable par toutes les techniques diagnostiques dont on dispose, de l´électroencéphalogramme au MRI. Nier cette pathologie qui conduit à l´invalidité voire à la mort, en traitant les victimes de simulateurs ou revendicateurs choque un liquidateur de la première heure, le professeur G. Lepin. Il conteste ces informations venant des Nations Unies, des données agréées par le principal promoteur du nucléaire commercial: l´AIEA.

Le chiffre de 30 décès parmi les victimes de l´explosion du réacteur de Tchernobyl qui avait suffit jusqu´à 2001, passe à 44, avec 4000 décès possibles, à terme. Ce chiffre semble avoir été retenu par des conseillers en marketing des promoteurs des centrales atomiques. Ce qui est tout aussi grave, c´est que ce rapport du 5 septembre 2005 fait l´impasse sur les millions d´enfants, le groupe le plus sensible aux rayonnements ionisants artificiels, condamné à consommer des aliments contaminés par des radionucléides.

Malheureusement, l´OMS reste dans l´ombre de l´AIEA depuis la signature d’un Accord (WHA 12. 40) en 1959 qui l´empêche d´étudier indépendamment et de publier librement ce qui a trait aux rayonnement ionisant et santé. C´est ce qu´a dévoilé dans une émission de la TV suisse italienne en 2001, le Dr. Hiroshi Nakajima, ancien Directeur Général de l´OMS: Ce sont ces liens juridiques entre l´OMS et l´AIEA qui ont imposé la censure de l´important congrès de l´OMS consacré à Tchernobyl, en novembre 1995. Cet Accord doit impérativement être amendé, pour permettre à la recherche médicale sur l’effet des rayonnements de retrouver son indépendance.

Pour le comité de PSR/IPPNW Dr. Michel Fernex, Dr. Martin Walter, Dr. Claudio Knüsli, Dr. Jean-Luc Riond 9 Septembre 2005

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