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Thérapie contre l´épidémie nucléaire

15.03.2008 Le 18è congres mondial de l´Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) s´est terminé mardi par l´adoption d´une « Déclaration de Delhi », document par lequel 600 médecins de soixante pays témoignent de leur volonté de s´engager pour un monde sans armes atomiques.

La déclaration rappelle que le but principal d´IPPNW est de bannir les armes nucléaires du monde, afin d´éviter la pire des guerres, la guerre atomique. Au centre de la campagne internationale : une Convention sur les armes atomiques proposée dès 1997 par des juristes, des médecins et des scientifiques. L´Inde devrait jouer un rôle décisif en faveur d´un monde sans armes nucléaires, dans l´esprit du plan de désarmement de Rajiv Ghandi. Le pays du Mahatma Ghandi doit être un exemple moral. Le congrès adressa un appel séparé aux candidats à l´élection présidentielle américaine. Lors de l´investiture le vainqueur devrait s´engager solennellement à abolir les armes atomiques - un pas qui pourrait être suivi par les autres puissances nucléaires. Le président russe a reçu un message analogue.

Lors de la séance de clôture le gouvernement indien a fait savoir que le plan d´action de Ghandi avait été réactualisé, mais que le Conseil de sécurité de l´ONU le refusait. Delhi se dit prêt à collaborer avec tous les gouvernements de bonne volonté, afin de « libérer le monde de l´otage nucléaire »

Le Ministre de la santé Ambumani Ramadoss rappela dans son discours qu'il vaudrait mieux attribuer les dépenses militaires croissantes à la lutte contre la pauvreté, l´ignorance, la malnutrition et les maladies. Des oratrices indiennes ont rappelé que les femmes et les enfants souffrent particulièrement de la guerre et que les inégalités économiques criantes entrainent la discrimination de groupes sociaux entiers.

Susan George, éminente critique du néolibéralisme et co-directrice de l'Institut transnational d'Amsterdam, avait démontré auparavant comment « l'hypercapitalisme néolibéral dirigé par la finance » aggravait les inégalités entre pays, entre Nord et Sud et créait ainsi des sources de conflits. « Pas de paix sans justice ». Alors que des milliards de personnes vivent avec moins d'un dollar par jour, les grandes entreprises amassent des bénéfices record. La globalisation voudrait faire entrer l'alimentation, l'eau, la formation et la santé dans les lois du marché. George rappela que des « guerres de l'eau » menacent d'ores et déjà l'humanité comme une épée de Damoclès.

En introduction au thème « Globalisation et militarisation - causes principales des guerres » le Dr Helmut Lorer déclara que ces dernières étaient des « maladies, des épidémies mortelles et irréversibles »

Vishnu Bhagwat, ancien chef de la marine indienne, voit la guerre comme une expression de la crise mondiale du capitalisme. Le capitalisme financier essaye de contrôler la politique, de piller les ressources et d'asservir les populations. Il apparaît de plus en plus évident que le Nord mène une guerre permanente contre le Sud, comme en témoignent l'Irak et l'Afghanistan. Les victimes des guerres sont à 90% des civils, femmes et enfants.

Au thème « Violence religieuse - menace pour la Paix » les représentants des grandes religions soulignèrent que les organisations fondamentalistes diffusent haine, peur et tension sous le couvert de religion. Toutefois l'éruption de violence est en général le fait d'intérêts politiques, de corruption ou d'ignorance. Selda Hamid, membre de la Commission indienne de planification s'insurgea contre la diabolisation des musulmans comme terroristes.

Le prochain congrès mondial IPPNW se tiendra à Bâle. A l'ordre du jour figureront le Traité de non-prolifération, les zones dénucléarisées en Europe et au Moyen Orient et l'énergie nucléaire, sœur jumelle de l'armement nucléaire.

Hilmar König, Neues Deutschland
(traduction Jacques Moser, PSR / IPPNW Suisse)

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