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L´accord indo-américain sur l´énergie nucléaire

G. Westberg et I. John sont les actuels co-présidents de l´IPPNW. Cath. Thomasson et L.C. Chawla dirigent respectivement PSR et IDPD

Indian Doctors for Peace and Development (IDPD) et Physicians for Social Responsibility, (PSR) affiliés indien et américain de l`IPPNW s´inquiètent vivement de l´accord négocié par le Président G.W. Bush et le Premier Ministre indien Manmohan Singh, par lequel l´Inde accepte de mettre ses réacteurs civils sous le contrôle des inspecteurs de l´Agence Internationale de l`Energie Atomique (AIEA); en contrepartie de quoi, l´interdicition de vente de combustible et de technologies civiles nucléaire (US Nuclear Non Proliferation Act de 1978) est levée. Cet accord met à mal les barrières établies par le Traité de Non Prolifération en 1968. Il permet à L´Inde de maintenir son programme d´armement nucléaire et de garder un tiers de ses réacteurs sous contrôle militaire, sans inspection internationale. Parmi ceux-ci, les surgénérateurs rapides qui peuvent produire des explosifs radioaktifs. Il prévoit même que L´Inde peut construire de nouveaux réacteurs de ce type sans les soumettre à inspection.

Considérant que les essais, la production, le transport, le stockage et l´emploi d´armes nucléaires présentent des dangers considérables pour la vie et la santé humaines,

Que la prolifération des armes nucléaires constitue un grave danger pour la sécurité du globe, et que notre organisation veut prévenir la guerre atomique et éliminer les armes nucléaires,

Que láccord «section 123» entre les USA et l'Inde écorne plus encore les standards internationaux existants pour la coopération et le contrôle de la sécurité des matériaux et de la technologie nucléaire,

Que l´accord indo-américain affaiblirait les normes planétaires contre la prolifération nucléaire, cette unique exception en faveur de l´Inde, prévue par cette convention aggrave l´aspect discriminant du régime de non prolifération et empêche tout progrès des États-Unis à remplir ses obligations de négocier de bonne fois un désarmement nucléaire, comme prévu par l´article VI du TNP. En déstabilisant plus encore le régime déjà vulnérable du contrôle de la non prolifération, cet accord encourage d´autres pays à acquérir des armes atomiques et handicape gravement l´avenir du désarmement nucléaire. La course aux armements déjà en cours em Asie du Sud serait stimulée par l'accroissement des capacités de l´Inde de produire des matériaux fissiles.

Considérant que le programme nucléaire de l´Inde, radicalement encouragé par cet accord, étoufferait les investissements en faveur des énergies renouvelables, le vent, le soleil et d´autres, favorables à l´environnement, cela aura de influences néfastes sur la sécurité des ressources en énergies pour l´avenir. En tant que médecins attachés à la paix et au désarmement, nous sommes sûrs que c´est notre devoir de mettre en garde à propos de l´emploi à long terme de l´énergie nucléaire pour la production d´électricité.

Le texte cite, en exemple, la déstabilisation par un tremblement de terre, il y a quelques mois, de la centrale nucléaire japonaise de Kashiwasaki et un article scientifique récent démontrant que l’incidence des leucémies infantiles autour de diverses centrales nucléaires s’est accrue dans 7 pays très développés.

Par conséquent, les médecins indiens pour la Paix et le développement (IDPD), les Physicans for Social Resonsibility (PSR) et l´ensemble de la fédérations des associations nationales constituant l´IPPNW, engagés en faveur de l´élimination des armes nucléaires,

1) en appellent au Parlement de l'Inde et au Congrès des États-Unis pour qu´ils rejettent cet accord comme dangereux pour la paix et la sécurité internationale;

2) appellent les membres du Nuclear Supply Group (NSG) à rejeter cet accord comme contraire à leurs objectifs;

 

3) en appellent au Conseil de Sécurité des Nations Unies pour qu´il supporte les directives du NSG et améliore les règles internationales pour la prévention de la prolifération nucléaire et la promotion du désarmement atomique.

Référence
: «Agression nucléaire et médicine», Newsletter de l´Association Médicale pour la Prévention de la Guerre Nucléaire (A.M.P.G.N.), Bulletin n°99, 3. trimestre 2007

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